Ils en parlent...

"Grâce aux recherches de passionnés d'histoire, Max Jacob ne sera plus l'unique référence quimpéroise en matière de poésie. Il va désormais devoir partager la vedette avec Jean Le Roy,un poète récemment sorti de l'oubli et dont un ouvrage, qui lui est entièrement consacré, vient de sortir. "

CATHY TYMEN, Le Télégramme , 28/02/2015

" L'association [Les Amis de] Louis Le Guennec (1878-1935), aujourd'hui constituée d'un modeste cercle d'érudits, a publié, avec ses seules ressources, l'œuvre méconnue du poète quimpérois Jean Le Roy (1894-1918), tombé au champ d'honneur durant la Grande Guerre, et a souhaité en faire don aux archives municipales de Quimper."

Ouest-France, 01/03/2015

Sur le front, Jean Le Roy côtoya Guillaume Apollinaire et devint un ami très proche de Jean Cocteau, qui rassemblera une partie de ses poèmes écrits sur le front sous le titre Le Cavalier de Frise, précédée d'une vibrante préface. Un coffret contenant des manuscrits, réunis sous le titre du Prisonnier des mondes, et la correspondance de Jean Le Roy fut découvert chez un bouquiniste anglais par Jean-François Douguet, historien amateur, et Alain Le Grand-Vélin, membres de la Société [des Amis de] Louis Le Guennec.

À l'issue de la publication de ces éléments disparates concernant le poète breton, l'association a souhaité remettre en don aux archives de la Ville les documents, manuscrits et imprimés achetés pour une valeur de plus de 2 500 euros, permettant d'enrichir le fonds Le Guennec, déjà disponible aux archives municipales.

L'association Les Amis de Louis Le Guennec, ancien archiviste et conservateur de la bibliothèque de Quimper, vient d'éditer un ouvrage consacré à un poète quimpérois trop méconnu, Jean Le Roy.

Il est né à Quimper, rue Kéréon, en 1894, de parents quimpérois. Son père décède avant son deuxième anniversaire. Devenue veuve, sa mère part s'installer à Paris. Après le bac, Jean Le Roy poursuit des études de droit à Paris. Amoureux des lettres et poète de talent, il y côtoie Apollinaire. Engagé comme volontaire durant la Grande Guerre, il meurt au champ d'honneur en 1918. C'est au cours de ses recherches sur l'histoire locale de Quimper que Jean-François Douguet découvre l'existence de Jean Le Roy. "Personne ne le connaissait à Quimper. J'ai demandé à la bibliothèque, dans les librairies, sans résultat. Ça m'a incité à aller voir plus loin. J'ai consulté les archives et effectué des recherches sur Internet. J'ai cherché à posséder les livres de Jean Le Roy, mais ils étaient tous épuisés".

 

Élève de Jean Cocteau

Jean-François Douguet sollicite alors l'association les Amis de Louis Le Guennec pour rééditer les poèmes de Jean Le Roy. Il s'est occupé de la partie historique et a confié à Alain Le Grand-Vélin la partie réservée aux poèmes. Yvon Le Douget a également apporté sa collaboration pour la partie consacrée aux articles de presse sur le poète et à sa correspondance. 

L'ouvrage reprend les poèmes publiés dans deux recueils de Jean Le Roy, Le Prisonnier des mondes et Le Cavalier de Frise, préfacé par Jean Cocteau, et de nombreux autres poèmes, dont certains écrits à la guerre. 

Le Comité Jean Cocteau, présidé par Pierre Berger, a autorisé la publication de la préface de Jean Cocteau qui figurait dans l'édition originale du livre Le Cavalier de Frise. Les deux poètes se sont connus en 1917 alors que Jean Le Roy effectuait un stage à Saint-Cyr. "Aussitôt, écrit Jean-François Douguet dans sa biographie, naît une profonde amitié entre les deux poètes, qui s'écrivent presque quotidiennement, de la fin de l'année 1917 à la mort de Jean Le Roy."

Le 24 mai 1918, Cocteau écrit ainsi à André Gide : "Je vous écris parce que je souffre. On a tué mon ami Jean Le Roy que j'adorais et pour qui j'étais tout. Le Roy était devenu en quelque sorte mon élève. Il était jeune, beau, bon, brave, génial, simple, c'est ce que la mort aime." Peu de temps après, il dédie un poème à son ami trop tôt disparu.

 

Un coffret d'écrits découvert au Royaume-Uni

À l'occasion de la sortie de l'ouvrage sur Jean Le Roy, l'association Les Amis de Louis Le Guennec a souhaité remettre, hier matin, aux archives municipales de Quimper, en présence d'Alain Le Roux, adjoint à la culture, et de Bruno Le Gall, archiviste, un précieux coffret découvert chez un bouquiniste anglais grâce à Internet.

Ce coffret, présenté sous la forme d'un livre relié, contient une photo et des lettres autographes de Jean Le Roy, ainsi que des articles de presse : "Il appartenait à une personne qui tenait beaucoup à lui. On suppose qu'il s'agissait d'une jeune fille dont la famille travaillait dans le domaine de la banque en Suisse."

Le coffret va désormais venir enrichir le fonds Louis Le Guennec, historien quimpérois (1878-1935), composé d'un millier de dessins et de très nombreux manuscrits sur le patrimoine quimpérois, cornouaillais et finistérien, précédemment remis en 2007.

Une présentation publique du livre sur Jean Le Roy sera faite le 20 mars, à 18 h, chez Max.

 

Vidéo de présentation

 

 

 

" Son nom gravé au Panthéon, Jean Le Roy le doit à son talent de poète. Cependant, la reconnaissance de ses contemporains n'a pas suffi à entretenir sa mémoire. L’association Les Amis de Louis Le Guennec vient réparer l'oubli en lui dédiant un livre Jean Le Roy, de Quimper aux tranchées, itinéraire d'un poète oublié."

FLORENCE DE MASSOL, Côté Quimper, 18/03/2015

Un jeune talent

Le futur poète naît en 1894, rue Kéréon, où ses parents tiennent commerce. Le décès prématuré de son père conduit la famille à quitter Quimper, Jean Le Roy a tout juste 5 ans. Plus tard, c'est à Paris qu'il passe son bac, puis s'inscrit à la faculté de droit, mais l'attrait des lettres est plus fort, il fréquente les salons littéraires, s'essaie à la poésie.

À 19 ans, il publie son premier recueil de poèmes Le prisonnier des mondes. Des critiques prometteuses le confortent dans cette voie. S'il se porte volontaire lorsque la guerre éclate, cela ne l'empêche pas d'écrire. Ses amitiés reflètent l'intérêt de sa poésie en ce début de siècle. Pour les plus connus, Apollinaire et Cocteau sont les témoins privilégiés de son talent.

La rencontre avec Cocteau sera déterminante, une relation épistolaire s'installe entre les deux hommes. Elle s'arrêtera brutalement avec le décès de Jean au chemin des Dames en avril1918. Il a 24 ans. Cocteau va alors rassembler les écrits du poète en un ouvrage Le cavalier de Frise, dont il signe la préface.

Ce sont tous ces écrits que les Amis de Louis Le Guennec ont rassemblés en un livre qui reprend la préface de Cocteau, mais aussi des lettres, des notes. Jean-François Douguet a mené une véritable enquête pour retracer la vie du poète tandis qu’Alain Le Grand-Vélin apporte son éclairage sur l'œuvre littéraire. Ainsi, Jean Le Roy retrouve une place à Quimper, et tout aussi légitimement dans l'histoire de la littérature. À l'occasion de la sortie du livre, un don de divers documents manuscrits et imprimés a été fait par l'association aux archives municipales.